Paroles 

Je t’attendrai en fumant sur le quai de la gare

 

 

Je t’attendrai en fumant sur le quai de la gare

Et le café est froid, l’amour est en retard

T’en souvient-il ? Des jours d’été

Quand Paris pleurait - pleurait - vers la Seine

 

Tu m’as montré la rue où vivait ta grand-mère

Et le lilas fleurit par devers la verrière

Un clocher vermoulu sonnait parfois les heures

Et dans les rues, les chiens promenaient leur ennui

 

Les roses à Bagatelle accrochaient leurs jupons

Et les marronniers verts faisaient des boudoirs d’ombre

A deux sur un vélo en buvant du champagne

Tombant et s’enlaçant dans le blé de campagne

 

 

La terre est fatiguée et les violettes fraiches

Sous le corps des amants que nous ne sommes plus

Et nous ne boirons plus chastement sous les feuilles

Un thé couleur de bois dans les jardins d’antan

 

 

Ailleurs, Ailleurs, le monde tourne

Adieu Adieu au train de la vie 

Le Laid

 

Salutations à toi qui est laid

Moche à pleurer toi et ton sale nez

Ave, et respect à ton héritage

Que la honte a chié sur ton visage

 

Les sales gosses ne te parlaient jamais

Qui sait peut-être ? la laideur s’ transmet

Tu n’as pas su ce qu’c’était d’exister

Même droit devant eux, ils te reniaient

 

Tu es nu comme un condamné

La laideur, ce voile qu’on ne peut ôter

Tu ne voudrais pas rebriser ta glace ?

Elle te dit juste les choses en face

 

Les yeux des autres se détournent

Et ne te jettent pas de fleurs d’amour

Laisse les gueux, tant pis pour eux

Laisse-les s’aimer pour leurs beaux yeux

 

Tu as ce nez qui fout le camp

Tes yeux pendouillent, ta langue bafouille ?

Si t’étais beau tu tenterais ta chance

Mais tu es laid, mes condoléances.

 

Toi et moi on va leur voler

Le plaisir aux cons de n’pas t’remarquer

Prétends que tu es beau, laisse-les s’aveugler

Avec leur rage et leur pitié

 

Regarde cette gamine qu’est là pour toi

Elle t’aime! même si toi tu t’aimes pas

Qu’est ce qu’elle voit de plus que toi tu vois pas

Avec son cœur, avec ses doigts

 

Elle qui n’a pas de miroir chez elle

Je serai sien, Elle sera mienne

Ses yeux d’aveugle sur ma laideur

On se tient la main vers le bonheur

Mon âme (Les éllébores) 

J'essaierai d'empêcher le printemps de venir

Et d'empêcher les fleurs d'entrouvrir leur corolles

De pousser le soleil du côté de la nuit

Et m'empêcher de rire à gorge déployée

Ou retenir la danse qui agite mes pas

Je pourrais tout cela, mon âme

Mais je ne pourrai pas m'empêcher d'irradier

Dès que je te surprends sur moi les yeux baissés

Et que tu m'étudies si passionnément 

Dans ce silence anxieux d'amour étourdissant

A-t-on vu un oiseau vaincre le vent de face?
A-t-on vu les jacinthes refuser leur parfum?
Les fumées de l'hiver mélancolisent encore

Il est des fleurs mortelles comme les éllébores

Aujourd'hui je le sais, cela ne sera pas

Oh, je sais tout cela, mon âme

Le temps n'a de raison que d'être contemplé

Pas plus que les vapeurs il ne s'attrape guère

Mille vies m'as-tu dit? que je serais sorcière 

Et je passe ces vies rien qu'à me rappeler

Ce jour où dans mes yeux des rayons m'éblouirent

C'était toi de côté qui m'avais regardé

Et quand tu m'approchais je savais au millième

Combien d'espace encor nos deux peaux séparait

Les cheveux de mon cou à ton souffle volaient

J'ai vécu tout cela, mon âme

J'essaierai d'empêcher le printemps de venir

Et d'empêcher la danse qui agite mes pas

Mais je ne peux que croire qu'une félicité
Qui n'est pas de la terre

Aura passé par là

Arnaqueur

 

 

Arnaqueur, arnaqueur, arnaqueur tu voles nos cœurs

Mais je m’en fous, de ta corde au cou

Un salaud, un maquereau, un faux beau mais tu sais y faire

Et j’erre, le cœur à l’air


Et ne me dis pas que je suis pucelle, Même si tu me donnes du Demoiselle

Et je chante de ma voix brisée Des chants de marin sur mon chemin

 

Caravane qui passe et emporte tous les mecs de la terre au loin, passe ton chemin

Moi j’aboie avec les chiennes en chaleur et je jappe à mort, ça me fait du bien

 

 

Au voleur, au voleur, au voleur du bonheur

Sur ton passage, tu les ravages

Tu m’as dit, tu lui as dit, tu nous dis qu’on ne te convient pas

Les filles, foutons-le camp de là

 

Et je prendrai le prochain train Qui m’amènera vers un mec bien

Et je mettrai ma robe rouge qui alertera tous ceux qui bougent

 

Caravane qui passe et emporte tous les mecs de la terre au loin, passe ton chemin

Moi j’aboie avec les chiennes en chaleur et je jappe à mort, ça me fait du bien

 

 

 

J’ai tout faux, J’ai tout faux, J’ai tout faux, mais tu sais quoi ?
Je me libère, prends-garde à toi !
Et même si, et même si, et même si je me sens pas belle,

Je me trouve mieux, quand je suis rebelle

 

Et je tire sur ma cigarette, c’est mon cadeau pour plus être bête

Et j’irai danser les pieds nus, qu’est-ce que je m’en fous d’être parfaite

 

Caravane qui passe et emporte tous les mecs de la terre au loin, passe ton chemin

Moi j’aboie avec les chiennes en chaleur et je jappe à mort, ça me fait du bien

 

 

 

Je m’en fous, je m’en fous, je m’en fous je tendrai pas l’autre joue

Et je préfère, me tenir debout

Tintamarre, du cauchemar, elles sonnent quand tu les traînes

tes casseroles, tu les rends folles

 

Mais moi je dis non, je coupe le cordon, J’ai ce qu’on appelle une opinion

J’ai devant moi la terre entière Pour me sentir libre comme l’air

 

Caravane qui passe et emporte tous les mecs de la terre au loin, passe ton chemin

Moi j’aboie avec les chiennes en chaleur et je jappe à mort, ça me fait du bien

 

 

 

Les hommes en noir

Les hommes en noir les beaux technars

Ombres mouvant dans la pénombre

Vissent et devissent de leur bras nus

Des romans de coulisse

Créent la lumière et les maisons

Bâtissent un monde et le défont

Ils sont des Deus Ex Machina

Mais, qui s’en occupe, des hommes en noir, des beaux technars ?

Oui, qui s’en soucie, des fiers anars, des hommes en noir ?

 

J’aime à penser que plus on est

Humble et dans l’ombre meilleur on est

T’en soucieras-tu toi le technar, 

Toi, au fond des soirs ?

Et si la star prend le vertige

Soir après soir de son prestige

Elle ne veut pas voir ces héros-là

Mais, qui s’en soucie, des autres stars, des novas noires ?
Oui, qui s’en occupe, des fiers anars, des hommes noirs ?

 

Des stars, ils en ont vu filer

Illuminer des stades entiers

Des gurus à l’aura de néon

Des nirvanas, de propagande

La star finira par s’adorer

Elle embrassera son reflet

Et fera l’amour, à sa gloire

Toi, viens près de moi, mon cher anar, mon âme en noir

Ne refuse pas, de m’aduler, mon doux technar

 

Mais plus ils savent que l’acteur

Lève les voiles de la pudeur

Qui protégeait la boîte noire

De ses pires cauchemars

Ils aimeront Ils craqueront

Ils céderont sans l’avouer

Et s’en iront avec leur secret

Oui j’ai cru savoir qu’au fond des soirs, seuls dans le noir

Des ombres sans fard, jusqu’à très tard, ont le cafard

Oui, au fond des soirs, les beaux technars, pleurent dans le noir

Mais, qui s’en soucie, des fiers anars, des hommes en noir ?